Au fil de l'Ourcq de la Villette à Pantin

Patrimoine industriel & architecture contemporaine 

Premier point d'étape : le parc de la Villette et les anciens abattoirs

La création du Parc de la Villette a redonné vie à un ancien site industriel en friche. Les abattoirs de la Villette, implantés en 1867, étaient desservis par le canal de l’Ourcq, des voies de chemin de fer et une route nationale, pour favoriser le transport des animaux et l’évacuation des résidus organiques.

L’architecture du parc a été confiée en 1983 à l’architecte Bernard Tschumi, à la suite d'un concours architectural international. Aujourd’hui, le Parc de la Villette propose un modèle nouveau d’espace urbain, lieu collectif d’échanges et de rencontre, ouvert (sans clôture) 24h sur 24, hiver comme été.

 

C’est une vaste concentration d’activités diverses, culturelles, pédagogiques, sportives et de loisirs, située en lisière de la ville ; un lieu de rencontre, d’échanges et de métissage culturel.

 

Anciens abattoirs de la Villette, entrée Avenue Jean-Jaurès

Abattoirs de la Villette.

 

Sur ordre de Napoléon III, le regroupement des abattoirs donne naissance à l’ouverture des Abattoirs généraux de La Villette en 1867 . La décision est prise de centraliser l’activité de l’abattage qui était éparpillée dans différents quartiers à la périphérie et qui généraient beaucoup de nuisances. L’emplacement choisi est une vaste plaine rurale à peine intégrée à la commune de Paris. Les abattoirs généraux et le marché sont confiés à l’architecte M. Janvier qui réalise ses plans d’après des croquis de Baltard, le modèle étant les Halles du centre de Paris. Très vite une gare de marchandise est accolée au marché aux bestiaux (gare de chemin de fer qui a aujourd’hui disparue). Le site était également desservi par le canal. L’endroit devient un des points névralgiques de l’économie parisienne. De nombreuses usines de traitements de déchets animaux s’implantent à l’extérieur des enceintes de Paris le long des axes routiers et le long du canal, notamment à Pantin. 

 

Parc de la Villette 

 

Ce site exceptionnel est réaménagé en 1983 est très marqué par la présence de l’eau qui délimite et coupe en deux le parc. De la porte de la Villette au nord à la porte de Pantin au sud, le canal de l'Ourcq le traverse en son milieu ; sa superficie est 55 hectares soit une fois et demi le jardin des Tuileries. 

  • Le concours est officiellement lancé le 8 avril 1982, précédé par la création de l’établissement public d’aménagement du Parc de la Villette, en vue de marquer la volonté de rééquilibrer Paris vers l'Est avec des équipements culturels de haut niveau.

  • L’acte premier est la conservation et la reconversion de deux bâtiments préexistants aux dimensions imposantes : l’ancienne halle aux bœufs transformée en salle de spectacle et d’exposition (la Grande Halle) et l’ancienne salle des ventes transformée en centre culturel contemporain dédié aux sciences (la Cité des sciences et de l’industrie).  

  • La Grande Halle, construite en 1867 pour les bœufs par l’architecte Jules de Mérindol, longue de 241m, 85m de large sur 19m de haut, a été transformée en centre d’expositions et de manifestations culturelles par les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert en 1985 dans le cadre du projet de parc. Une réouverture a eu lieu en 2007 après une rénovation qui a permis de faire du bâtiment un outil culturel performant.

  • La cité des sciences et de l’industrie, ouverte en 1986, conçue par l’architecte Alain Fainsilber, est un ensemble composé d’un parallélépipède de 250 de long, de 150m de large et de 50m de haut – édifié sur les fondations et projet inachevé de la salle des ventes, et d’une sphère de 36m de diamètre (unique au monde). Trois serres encadrent la géode posée sur un plan d’eau. Cette composition monumentale s’inscrit dans le parc paysagé en associant l’eau qui fait miroiter les façades transparentes et les facettes scintillantes.

  • Le parc conçu par l’architecte Bernard Tchumi est formé par la rencontre de 3 systèmes : les points – petits bâtiments appelés « folies » abritant les activités et réparties sur une trame géométrique de 120m ; les lignes droites ou courbes indiquant les circulations ; et les surfaces – grands espaces bordés d’arbres pour le sport, les jeux, les spectacles de plein air. 

  • Les 26 points ou 26 folies sont toutes conçues sur le principe de déclinaison d’un cube rouge de 10,8 mètres de côté. Elles sont plus ou moins ajourées, et laissent apparaître une structure de 27 cubes plus petits, de 3,6 mètres de côté. Certaines ont une fonction (restaurant, café, poste de secours…), d’autres pas. Elles sont toutes numérotées leur nom évoque une gigantesque bataille navale (P7, N5, …).

  • La particularité essentielle du parc est de ne pas rompre la perspective du nord au sud. L’entrée sud du site (place de la fontaine aux lions) est un grand vestibule asymétrique qui rend visible la cité des sciences située au nord du parc, et qui relie le parc à la ville

  • La création de ce parc a engendré une intense émulation architecturale dès 1986 avec l’installation du Zénith de Paris  (salle de spectacle conçue par les architectes Chaix et Morel), puis entre 1990 et 1996, avec l’implantation du conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et la Cité de la musique réalisés par l’architecte Christian de Portzamparc. En 2015, la conception et  réalisation de la Philharmonie de Paris par les agences d’architectures Jean Nouvel et Brigitte Métra, et plus récemment, en 2019, avec la rénovation du Cabaret sauvage redessiné par l’architecte Boris Zeisser.

Évolution urbaine entre Paris et Pantin, de 1815 à 1936

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Photographies originales, Martin Argyroglo 
Conception sonore, Fanny Rahmouni 
Images, CAUE-IDF, Archipel francilien, 2020 © Martin Argyroglo